La toilette

La toilette

La toilette

La mode n’arrive pas jusqu’au pays de Born et rien ne change dans le domaine vestimentaire, jusqu’aux années1950, tout le monde s’habille de la même façon, sauf quelques notables. Les femmes portent du noir, les deuils sont si longs et si nombreux... Notre costume reste sobre et discret, foin des grandes coiffes de dentelles et des châles bariolés.

Témoignages

« On n’avait jamais les pieds mouillés ou froids avec la paille qu’on mettait dedans, c’était léger, sec et chaud. Nous les gemmeurs, l’hiver, on enfilait par-dessus une sorte de chaussette en laine de mouton, sans pied avec une collerette qui venait recouvrir le sabot. Je n’ai jamais été aussi confortable dans des bottes. ÀPontenx, on a perdu notre sabotier après la guerre, ça nous a bien manqué, on allait en acheter en Espagne… Les meilleurs sabotiers avaient des commandes des années à l’avance, c’était un bon métier qui gagnait bien, mais dur. Un bon sabotier faisait quatre paires par jour, il fallait compter au moins 10 francs la paire (salaire mensuel d’un ouvrier : 40 francs) ceux pour les femmes étaient encore plus chers, ils avaient des fleurs, des dessins, c’était joli. Pour la fantaisie, on portait les esclopettes, c’était un sabot tout léger, entièrement en cuir dessus, très travaillé, ça pouvait coûter assez cher, tellement c’était du beau travail».

Témoignages

« Petite fille, je le portais bleu (le béret) parce que j’étais Enfant de Marie, les autres enfants le portaient blanc, les filles aussi jusqu’à leur mariage. Nous, les femmes, on portait des bérets sans cuir, sans ornement, c’était plus souple pour le modeler sur la tête, y rentrer le chignon. Ici on met le « petit béret », parce que le béarnais et le basque sont beaucoup plus larges, c’est vraiment la coiffure du Landais. Pour les gros travaux d’été, les malins mettaient une belle feuille de chou dans le fond du béret, ça garde la tête au frais.

Il fallait le porter à l’école, ma mère gardait dans l’armoire un béret neuf pour chacun de nous, enveloppé dans du papier, pourtant on n’était pas riche ! Elle disait qu’avec un bon béret on était respectueux et respecté. 

Depuis que je n’ai plus de cheveux, je le garde pour dormir. Je ne le quitte qu’à l’église, ma femme me le fait enlever pour manger quand il y a du monde, mais je le garde près de moi pour le remettre sitôt fini… Je serai enterré avec celui de tous les jours, je l’ai demandé».

Le béret, lou capèt, est un symbole identitaire pluri centenaire pour tout le Sud-ouest. Inusable, indémodable, multi-usage, il a du caractère et de l’élégance. À la landaise, il se porte vissé sur la tête, mais juste ce qu’il faut, avec un petit effet de visière qui protège le regard ; la façon dont son propriétaire le façonne en dit long sur son humeur…

Les sabots compléments naturels du béret sont toujours d’actualité. Regardez au seuil des maisons rurales, il serait bien étonnant que vous n’y trouviez pas une paire d’esclòps par occupant.

Un bon sabot doit être confortable, léger et solide, si possible joli, il doit sonner clair,les moins bons sont inconfortables et trop lourds. Chaque village jouit des services d’au moins un sabotier, Pontenx en a connu au moins trois en même temps vers1800. Chaque pied a sa forme, sa taille, sa cambrure, les modèles sont différents et on n’utilise pas le même bois pour les femmes, hommes et enfants. Chez nous, ils sont un peu ronds du bout et des bords pour mieux glisser dans le sable. Le sabotier travaille  le vergne (aulne glutineuxeux) bois de ligne léger produit chez nous en abondance.